Journée nationale du shortbread
Savez-vous que le shortbread fut autrefois une gourmandise de luxe, réservée aux grandes occasions comme Noël, Hogmanay ou même les mariages ? L'histoire du shortbread commence dans l'Écosse médiévale, où il évolua à partir du « biscuit bread », une sorte de biscotte deux fois cuite, préparée à partir de restes de pâte. Au XVIe siècle, il gagne en notoriété grâce à Marie Stuart, reine d'Écosse, qui affina la recette et popularisa le fameux découpage triangulaire en « petticoat tails ». Le nom viendrait soit du français « petites gâtelles », soit des motifs des jupons élisabéthains — dans les deux cas, un héritage bien royal. La plus ancienne recette imprimée de shortbread fut publiée en 1736 par une Écossaise, Mrs McLintock. Sa version mettait en avant la simplicité caractéristique du biscuit : beurre, farine et sucre, sans aucun agent levant. C'est justement cette absence de levure ou de bicarbonate qui donne au shortbread sa texture unique et friable, résultat de la forte teneur en matière grasse qui « raccourcit » la pâte (d'où son nom, « short » signifiant friable en anglais). Le shortbread est devenu un pilier des fêtes écossaises, des anciens « Yule Cakes » symbolisant le soleil à la tradition de Hogmanay consistant à briser un gâteau de shortbread au-dessus de la tête de la mariée pour lui porter chance. Au XVIIIe siècle, il était déjà une source de fierté nationale, l'Écosse s'imposant comme la patrie de ce biscuit emblématique. Le shortbread classique se décline en trois formes emblématiques : le cercle (divisé en « petticoat tails »), les épais bâtonnets rectangulaires, et les petits ronds individuels. Au fil du temps, les pâtissiers ont expérimenté avec de nouveaux ingrédients : farine de riz pour une texture plus granuleuse, graines de carvi pour épicer, ou encore sucre roux demerara pour plus de douceur. Le Millionaire's Shortbread contemporain, nappé de caramel et de chocolat, apporte quant à lui une touche résolument gourmande à la recette originale.